HISTORIQUE

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HISTORIQUE DU JUDO, JUJITSU

 

Le 26 septembre 1932, M. Jigoro KANO, fondateur du Judo, devant un auditoire choisi, présenta sous tous ses aspects la discipline qu'il avait créée. On trouva dans son propos des références historiques certaines, une définition de ce qui fait la spécialité technique du Judo, son esprit... et dans une certaine mesure sa philosophie et sa vocation éducative :

 

- Le Judo issu du Jujitsu, techniques guerrières pratiquées depuis de nombreux siècles dans le  Japon féodal.

- Fondation du Kodokan en 1882

- La non résistance, l'art de céder.

- Influence sur le comportement social des principes acquis sur le tatami.

- Sens éducatif du Judo par le truchement des principes d'abord vécus physiquement.

- Nécessité de l'entraide et des concessions mutuelles.

 

Cette conférence fut de nouveau présentée en 1935 devant une élite parmi laquelle se trouvait M.FELDENKRAIS, un scientifique de très haut niveau ; la précision vaut d'être apportée car c'est à partir de ce fait qu'allait commencer la grande aventure du Judo français.

Séduit par les propos de Jigoro KANO, M.FELDENKRAIS, qui connaissait un peu de Jujitsu, allait réunir autour de lui quelques amis pour pratiquer dans le respect des idées du fondateur.

Le premier dojo ne fut dans un premier temps qu'une section d'un club au 62 de la rue Beaubourg, à Paris, pour y faire de la culture physique, de la gymnastique, etc.

M.FELDENKRAIS, et ses disciples, bien vite conscients de leur insuffisance technique, firent appel au Maître KAWAISHI, lequel, en 1935, résidait en Angleterre. On put alors véritablement parler de Judo. A la demande du professeur japonais le dojo fut ouvert à des élèves n'étant pas de confessions juive. Un club fut fondé, puis un second (le 20/02/1936) rue Thénard à Paris au quartier latin par  

M M.FELDENKRAIS, et KAWAISHI.

En septembre 1939, la guerre survenant, M.FELDENKRAIS, d'origine palestinienne (donc sujet britannique à cette époque), dut se rendre en Angleterre pour s'y faire mobiliser.

M.KAWAISHI, devant cette situation, regroupa les deux clubs en un seul dojo... et c'est ainsi que beaucoup de pratiquants du temps de guerre reçurent deux cartes lors de leur inscription : l'une d'un club Franco - japonais l'autre du Jujitsu Club de France.

Le fameux J.J.Club de France eut des parrains prestigieux: le Président étant M. Paul BONET-MAURY, un collaborateur des CURIE, le secrétaire Général étant Frédéric JOLIOT-CURIE (plus tard Prix Nobel), le Président d'Honneur n'étant autre que Jigoro KANO!

Ces principes de l'intelligence, de l'esprit, donnèrent la plus belle des cautions auprès du monde intellectuel, auprès des pouvoirs publics, auprès des médias.

Rattachée à la Fédération Française de Lutte pour des raisons administratives, la petite société de judo était alors entièrement dirigée, d'une main de fer, par le Me KAWAISHI. ce dernier ne voulait entendre que ce qui se pratiquait au JAPON: une société pyramidale basée sur les grades, KAWAISHI Shi-Han occupant naturellement le sommet. De fait une <<monarchie absolue>>.

Bien évidemment le Maître décernait seul la ceinture noire... après une longue observation du candidat et une série de tests.

Ainsi furent nos débuts.

Dans ce qui suit nous nous sommes limités à rapporter seulement certains événements, certaines dates... en raison de leur caractère significatif, direct ou indirect. les faits que nous avons choisi de relater eurent sur le Judo des suites qui, peu à peu, modifièrent notre discipline, tant en ce qui concerne la mentalité des pratiquants, l'administration générale des affaires que la technique.

Des dates importantes jalonnent notre histoire:

    - 30 mai 1943 : Premier Championnat de France à Paris, salle Wagram; un championnat sans catégorie de poids et d'âges.

    - 9 mai 1944 : Un mois à peine avant le débarquement en Normandie, second championnat national, avec une formule inchangée, toujours à Paris, au Palais de Glace, devant un public bien plus important que pour les manifestations de lutte..., ce qui donne aux pionniers l'idée de se séparer un jour de la fédération de tutelle: la Fédération Française de Lutte.

C'est peu après cet événement que, devant l'avance des alliés, M. KAWAISHI fut pressé par son ambassade de regagner le Japon.

Avant son départ, le Maître, s'adressant à une dizaine de ses plus anciens élèves, leur fit promettre de rester unis, de s'entraîner en commun le plus souvent possible... et de ne jamais abandonner le Judo.

A la fin de la guerre, le 8 mai 1945, le Judo-Jujitsu français ne comptait que 43 Ceintures Noires. Les titulaires de ce grades s'étant vu accorder le droit d'enseigner, ceux-ci fondèrent des dojo... tout d'abord dans les grandes métropoles de notre pays, régnant sur leur fief respectif comme ils l'avaient vus faire à Paris par un maître omnipotent.

Partout, de plus en plus nombreux, les clubs décidèrent de se fédérer après s'être séparés de la Fédération Française de Lutte... et c'est ainsi que, le 5 décembre 1946, le Journal Officiel publiait la naissance de notre Fédération.

En 1948, retour de M. KAWAISHI en France. le vieux maître dut s'accommoder d'une sorte de <<monarchie constitutionnelle>>, le C.N.C.N. et la Fédération étant nés durant son absence.

En janvier 1950, création de la revue, <<Judo>>. Elle tint notre monde informé des prises de position  de la Fédération, du C.N.C.N. et de celles de M. KAWAISHI... face à des problèmes naissant d'une croissance très rapide.

L'année 1951 fut l'une des plus importantes de notre histoire : adhésion de la France à l'Union Européenne, premier Championnat d'Europe à Paris, au Vélodrome d'hiver (aujourd'hui disparu), devant 12.000 spectateurs <<venus voir les petits battre les gros)>>... et fondation de la Fédération Internationale.

La création de ces organismes internationaux allaient modifier très sensiblement le visage du Judo-Jujitsu français.

Divisés parfois sur ce que devait être notre discipline, sur les règles de combat, sur les catégories de poids, d'âges, etc... nos compatriotes durent s'aligner sur des règles prises, ailleurs, par les plus hautes instances... afin de pouvoir participer. Ces lois se répercutèrent jusque dans les plus modeste dojo et, vaille que vaille, une certaine unité de conception finit par s'établir... au grand dam de certains qui créèrent un schisme dès que l'on parlait e haut lieu de catégories de poids.

Ainsi s'explique la longue querelle entre la Fédération (tenue de s'aligner sur les règles internationales) et le Collège, longtemps hostile aux fameuses catégories !

Autre dissidence en 1954, celle qui vit le jour avec l'arrivée en France de M. Ishiro ABE, très brillant judoka du Kodokan; d'excellents pratiquants français entendaient travailler (et enseigner) d'après une autre méthode que celle de M. KAWAISHI. Cette séparation ne dura que deux années, l'influence de M. KAWAISHI diminuant... et la Fédération se décidant à admettre en son sein un pluralisme de styles, de conceptions techniques. 

Tokyo fut en 1956 le théâtre du premier Championnat du Monde... toujours avec une catégorie unique. Bis répétita en 1958.

Ce n'est qu'en 1957 lors du Championnat d'Europe, que les compétiteurs, sous forme expérimentale, commencèrent à être répartis en trois catégories de poids : légers, moyens et lourds.

C'est en 1955 qu'un arrêté du Haut Commissariat à la Jeunesse et aux sports fixa les conditions d'attribution du diplôme de professeur... mettant ainsi fin à une situation menaçant de devenir anarchique.

En 1961 premier Championnat du Monde hors Japon, à Paris... et victoire d'Anton GEESINK. Le triomphe du grand Hollandais eut de très grandes répercussions : auprès du monde sportif, des médias, des pouvoirs publics; le Judo cessait d'un coup d'être considéré comme un élément du folklore japonais, une chasse gardée nippone (comme peut l'être encore pour les basques le magnifique jeu de pelote).

La victoire du géant batave fit autant que dix interventions auprès du Comité International Olympique pour l'admission du Judo aux Jeux olympiques... et aux Jeux de Tokyo en 1964 le Judo fut inscrit... comme sport de démonstration (mais il fallut attendre les Jeux de Munich en 1972, pour notre entrée très officielle dan le monde des sports olympiques).

En 1965 premier Championnat du Monde avec trois catégories: -68kg, -80kg, +80kg.

Après ce championnat la F.I.J. portera le nombre de catégories de trois à cinq: -63kg, -70kg, -80kg, -93kg, +93kg.

En 1977 furent créées les sept catégories de poids: -60kg, -65kg, -71kg, -78kg, -86kg, -95kg, +95kg.

Les idées du grand nombre allant dans le sens d'une conception résolument sportive, les hésitations faisant place à des certitudes, la voie était alors tracée pour l'oeuvre fédérale.

Ainsi que les oiseaux migrateurs tournant en rond autour de leur aire de départ avant de foncer dans le même sens pour leur lointaine destination, les judoka des premiers âges cherchèrent longtemps leur chemin... sans pour autant cesser de travailler avec foi.

Au fil des années le Judo français ne cessa de se développer, nécessitant de nouvelles structurations, de nouvelles adaptations.

Ce texte, obligatoirement assez court, n'est pas exhaustif au plan de notre histoire.  Il a seulement éclairé certains faits importants par leur incidence sur les directions prises dans une période où le Judo pouvait être considéré comme un sport ou une philosophie, ou même comme une méthode très générale d'éducation, une école de vie...

Sans doute est-il un peu de tout cela... et chacun pourra toujours puiser ce qu'il cherche en fonction de ses aspirations.

 

 

 

 

 

 

 

 

cf: Programmes des examens d'expression technique. Recueil des textes officiels saison 97/98.

 

Date de mise à jour  26/04/01